dimanche, décembre 14, 2014

Gateau et glace aux noix et sucre d'érable

Ecrit et réalisé par Very Easy Kitchen








Alors qu’au Canada, ils sont déjà partis pour 6 mois de neige, nous profitons encore de températures douces et ce n’est pas pour me déplaire.

J’avais depuis longtemps dans mes placards, du sucre d’érable que l’on m’avait gentiment rapporté du Canada. Le sucre d'érable résulte de la déshydratation du sirop d'érable par chauffage. C'est un sucre naturel, dont l'indice glycémique de 54 est inférieur à celui du sucre de betterave ou canne et celui du miel. Il est difficile à trouver en France sauf sur Internet bien sûr mais je sens que je vais devenir une fan.




Afin de mettre en avant la douce saveur sucrée de l’érable qui rappelle l’automne et les grandes forêts canadiennes, je l'ai marié à des noix. Pas des pacanes ce qui pourrait sembler logique mais à de simples et bonnes noix e Grenoble. J’en ai toujours des cargaisons qui viennent des noyers de ma maison.

Je vous propose donc deux recettes :

  • une glace aux noix et sucre d’érable
  • et un gâteau caramélisé aux noix et érable.

Associer les deux : et vous obtenez un mélange totalement régressif.





Glace aux noix et sucre d’érable
pour 1/2 litre de glace
100 g de cerneaux de noix
20 cl de crème entière liquide
30 cl de lait
4 jaunes d’oeuf
3 cuillères à soupe bombées de sucre d’érable.

Torréfiez les noix au four pendant 10 minutes à 200°C. Attention elles ne doivent pas brûler mais être bien dorées. Faites les refroidir et frotter les entre les mains afin d’enlever les petites peaux qui se détachent. Concassez les grossièrement au robot. Vous devez obtenir un mélange composé de petits bouts de noix mais pas de poudre.
Séparez les blancs de jaunes. Mélangez vivement les jaunes d’oeufs avec le sucre d’érable jusqu’à ce que le sucre soit parfaitement fondu et que le mélange double de volume. Pendant ce temps faites bouillir le lait et la crème. Quand le liquide atteint le point d’ébullition versez en une partie sur les jaunes et mélangez rapidement afin que les jaunes ne cuisent pas. Versez le reste du liquide sur le mélange. Transvasez dans la casserole et faites cuire si possible au bain-marie en tournant doucement afin que la crème ne brule pas. Arrêtez la cuisson quand la crème nappe la cuillère. C’est très rapide. Faites la refroidir au moins une nuit au froid en ayant pris soin de lui ajouter les noix concassées. Prenez bien soin de la filmer au contact. Passez en turbine et dégustez la immédiatement. Vous pouvez la mettre au congélateur mais attention à la sortir au moins 30 minutes avant dégustation. Elle est très crémeuse et ce serait dommage de ne pas profiter de son onctuosité.

Je ne sais pas si c’est le fait d’utiliser un sucre différent mais la crème était épaisse et onctueuse. Elle aurait été parfaite telle quelle pour des îles flottantes.

La recette du gâteau vient du blog de Manue. C’est l’un des plus vieux blogs de cuisine de France et toujours une valeur sûre. J’ai juste remplacé les noix de pécan par des noix de Grenoble. j’ai fait aussi quelques adaptations en prenant du sucre d’érable. Vous obtenez sur le gâteau une croute de noix croustillante et caramélisée. Très très bon.








Gâteau au noix et sucre d’érable
Pour la croute de noix caramélisées
60 g de beurre
2 CS de sucre d’érable
1 CS de sirop d'érable
125 g de noix de Grenoble
Pour le gâteau
130 g de beurre mou
100 gr de sucre roux ou Demerara
50 g de sucre d’érable
80 ml de sirop d’érable
option : un petit verre à liqueur d’eau de noix
2 oeufs
120 gr de lait
210 gr de farine à levure incorporée

Comme pour la glace faites torréfier les noix au four à 200°C pendant 10 minutes
Dans un bol fouettez ensemble le beurre bien ramolli, le sucre d’érable et le sirop d'érable. Vous obtenez une crème parfumée que vous étalez dans le fond d'un moule à manquer chemisé ou en silicone d’environ 24 cm. Parsemez dessus les noix concassées. Placez au frais 15 minutes.
Mélangez le sirop d'érable et le lait dans un bol verseur. Rajoutez l’eau de noix si vous en avez.
Dans un grand saladier fouettez le beurre avec le sucre, ajoutez les oeufs et fouettez encore. Incorporez l'un après l'autre et en plusieurs fois les liquides et la farine.
Versez cette pâte sur la croute de noix, lissez et enfournez pour 45 minutes à 170°C chaleur tournante.
Laissez le gâteau reposer 10 minutes à la sortie du four puis le démouler sur votre plat de service.
Dégustez pour les plus gourmands avec une boule de glace.


Vous pouvez bien sûr pour chacune de ces recettes remplacer les noix de Grenoble par des noix de pécan.




dimanche, décembre 07, 2014

Hachis parmentier au potimarron, pomme, pulled pork et sésame

Ecrit et réalisé par Very Easy Kitchen



Petite recette facile et de saison pour faire le plein de chaleur en cette saison froide. Je l’ai faite avec un reste de pulled pork bien épicé. J’ai fait ma recette habituelle mais avec quelques flocons de piments supplémentaires, deux cuillères à soupe de sirop d’érable qui viennent remplacer le miel, et un verre de vin blanc. La recette est simple et évolutive, le secret c'est la cuisson longue au four.




Pour la purée de potimarron, je me suis inspirée d’une recette de Elle à table de décembre qui mélangeait potimarron, pomme et sésame.





Hachis parmentier de potiron/pomme, pulled pork et sésame
Pour 4 à 6 personnes
un reste de pulled porc (au moins 300g)
Pour la purée
1 potimarron de 600g environ non épluché
3 pommes reine des reinettes
30 g de beurre
1 cuillère à soupe d'huile d'argan
3 cuillères à soupe de graines de sésame blanc ou blond

Pour ma part, j’épluche le potimarron afin d'avoir une belle couleur homogène. Une fois qu’il est épluché, épépiné, coupez le en morceaux. Procédez de même pour les pommes. Dans une sauteuse avec couvercle, faites fondre le beurre doucement, rajoutez les morceaux de potiron et pomme dans le beurre, mélangez et couvrez. Faites cuire pendant 25 minutes environ à feux doux. Quand le potimarron est cuit, coupez le feu, enlevez le peu d’eau de cuisson qu’il pourrait rester. Versez dans le blender et mixez finement. Si l’ensemble est un peu trop compacte, ajoutez un peu de liquide de cuisson. Versez l'huile d'argent, salez et poivrer légèrement car le pulled pork est bien assaisonné. Réservez cette purée.
Prenez un plat à gratin. Versez un peu de purée, rajoutez une couche de pulled pork tiédi, et à nouveau une couche de purée. Saupoudrez de grains de sésame avant de passer au four à 180°C pendant 20 minutes le temps de réchauffer l’ensemble et de faire dorer le sésame.

Une façon très simple de finir un reste de viande avec les notes chaudes de l'argan et du sésame. Vous pouvez le faire avec un reste de pot-au-feu ou de poulet rôti.

dimanche, novembre 30, 2014

Food trip London (part 3) Maltby Street Market / Ropewalk

Ecrit et réalisé par Very Easy Kitchen








    Crédit photo : Maltby street Facebook page


Borough's Market c’est has been… non c’est faux car ce marché est vraiment génial mais il faut aussi compter avec le petit marché très rock&roll de Malty St. ouvert les week-ends entre les stations de métro du London Bridge et de Bermondsey. En une matinée, vous pouvez faire les deux car ils sont à 20 minutes de marche l'un de l'autre. Il existe depuis quelques années et rencontre un vif succès.






J’ai découvert son existence grâce à l’excellente série diffusée sur Arte Le bonheur est dans l’assiette lorsque le jeune chef anglais du Lyle's à Shoreditch, John Lowe, y venait faire quelques courses pour le restaurant.


Little bird dry gin


J’y suis allée à l’ouverture donc tous les stands n’étaient pas encore complétement ouverts, j’ai donc mélangé photos prises par moi-même et des photos prises sur leur page facebook (mentionné sous la photo). Le marché est petit : en tout une centaine de mètres et une vingtaine de marques.





Let’s start the visit

Les stands et petits magasins sont coincés entre les arcades d’une voie ferrée à l'architecture toute victorienne et un immeuble moderne. Tout a été laissé en l’état, ce qui donne des lieux improbables mais pleins de charme, où cohabitent des meubles vintage, des bois stockés depuis des années, des peintures écaillées et tout un reliquat d’une vie industrielle. Un point d’orgue si vous cherchez des objets qui racontent une histoire, la caverne d’Ali Baba, Lassco, qui fait le bonheur de toutes les catégories de population, surtout celle qui ne jure que pas les pignons fixes et ont quelques livres en poche… Plusieurs Lassco en Angleterre, j'ai hâte de découvrir les autres.









Commençons par la St.John Bakery dont l’égérie est … un cochon. St.John est une institution à Londres avec plusieurs bars et restaurants, des bars à vins notamment mais aussi un restaurant à Chinatown et bien sûr la boulangerie dont la spécialité sont les custard doughnuts qui sont réputés (à réserver ou venir tôt car ils partent à la vitesse de l’éclair). J’ai craqué pour leurs eccles cakes trop trop bons avec leur mélange de fruits et d’épices.  N'est-ce pas Elvira ?





    Crédit photo : Maltby street Facebook page


A l’opposé vous trouverez Phatbreads, food stand tenu par Dixie et Despina qui réalisent des pains plats dans leur four portatif. Ils sont recouverts de légumes bio, souvent avec un petit twist grec, huile d’olive, fromage. Vous pouvez manger des breakfast flatbreads avec des haricots indiens et un chutney à la coriandre mais aussi des pains au poulet rôti au tabouleh, tahini et grenade. Plein de variantes à découvrir.



Crédit photo :The Style Memo


Nous passerons rapidement sur le Comptoir Gourmand qui propose des douceurs françaises ou Herman Ze German qui proposent des Wursts très germaniques, ou le stand des fromages français. Nous ne sommes pas à Londres pour cela. Par contre un stop chez Finest Fayre s’impose avec une spécialité déclinée à toutes les sauces, le Handmade Scotch Egg. Assez roboratif pour réchauffer un écossais transi par la pluie qui tombe sur la lande, même si ce n'est pas du tout un plat écossais.



Un autre stand propose une spécialité déclinée sous de multiples formes : Bad Brownie. J’ai acheté des mapple&bacon Brownie (je n’avais jamais gouté) mais vous en trouvez aussi au caramel beurre salé, au beurre de cacahuètes, à la banoffee pie, aux malteser, à l’eton mess… aucune limite pour ces bad brownies. Ils sont présents sur différents lieux à Londres




Crédit photo : NYC Expeditionist

Vous pourrez déguster un grilled cheese sandwich au Cheese truck qui n’utilise que des fromages anglais et boire une craft beer au Modern Beer Bar.

D’autres stands totalement improbables vous tendent les bras, comme le Avocado café qui ne proposent que des plats à base d’avocat ou the Gay Farmer, qui lui vend une sélection d'huiles d’olive bio d’Espagne, Newton &Pott qui sont les spécialistes de la confiture et des chutneys.




Crédit photo : Maltby street Facebook page








Crédit photo : Maltby street Facebook page

Crédit photo : Maltby street Facebook page

Envie d’un Pullet Pork, d’un Peri Peri burger, arrêtez vous chez African volcano avant d’acheter vos légumes chez Bioscheme fruit farm qui viennent de East Sussex.

Et si vous êtes plus poisson que viandes, Hansen and Lydersen combleront vos envies de poissons fumés. Leur saumon d’Ecosse fumé est considéré comme l’un des meilleurs de Londres. Leur site Internet ne peut que vous faire saliver.







Il y a encore pleins d’autres stands pour manger des supers gaufres par exemple ou boire des cafés artisanaux ou des gins d’exception. Ou ramener les magnifiques compositions florales de Jemina.




Un seul regret : ne pas habiter Londres pendant quelques jours pour faire le marché et improviser un dîner avec ces excellents produits. J'ai juste ramené de quoi faire un tea-time en rajoutant les super gâteaux à la polenta et pistaches ainsi que les lemon tarts d'Ottolenghi.





D'autres adresses à Londres


Ailleurs en Angleterre

dimanche, novembre 16, 2014

Riz au lait aux raisins et zestes d'orange - Frédéric Anton et Christelle Brua

Ecrit et réalisé par Very Easy Kitchen





Le riz au lait,  j'aimais pas, mais ça c'était avant.

Alors que j’apprécie beaucoup le riz, le risotto bref toutes les variantes salées du riz, il m’était impossible de le manger sucré. Je n’y arrivais pas et j’avais abandonné l’idée d’en manger. Je trouvais que c’était très écoeurant, étouffe-chrétien.
Invitée à un dîner, je me suis retrouvée devant un riz au lait, recette de Conticini et par politesse j'ai gouté. Ce fut une révélation. Il était onctueux, moelleux comme une doudoune, un petit bonheur dans la bouche. Après avoir vu la liste des ingrédients, j’ai compris pourquoi j’avais craqué sur cette recette (beaucoup de crème). Depuis je teste régulièrement les riz au lait au restaurant, mais je n’en avait encore jamais fait à la maison.







C’est le dernier livre de Frédéric Anton avec sa chef patissière Christelle Brua, sur le riz et toutes ses variantes culinaires, qui m’a donné envie de tester cette recette. Parce qu’elle annonce, un hiver au coin du feu avec ses raisins secs et son doux parfum d’orange. Ce riz au lait se cuit au four tranquillement avant que vous n’y versiez des jaunes d’oeuf et du sucre qui vont napper les grains de riz d’une délicieuse crème anglaise.




Riz au lait aux raisins et aux zestes d’orange par Frédéric Anton et Christelle Brua
Pour 4 à 6 personnes (plutôt 6)
200 g de riz rond spécial riz au lait
1 litre de lait entier
1 gousse de vanille (de Tahiti)
4 jaunes d’oeuf
120g de sucre semoule
1 zeste d’orange bio
30 g de raisins secs
et j’ai rajouté aussi 30 g d’oranges confites en cube (non prévu dans la recette d’origine)

Afin de faciliter la cuisson du riz au lait, il faut préalablement «crevé» le riz à l’eau. Pour cela il faut laver le riz à grand eau et l’égoutter dans une passoire. Mettez le ensuite dans une casserole, couvrez largement d’eau froide et portez à ébullition à feu vif. Laissez bouillir une minute, puis égouttez le riz et rafraichissez le à l’eau froide. Laissez le à nouveau s’égoutter.
Préchauffez le four à 150°C. Dans une casserole allant au four, faites bouillir le lait, puis ajoutez le riz, une pincée de sel, la gousse de vanille fendue en deux et ses graines grattées avec la pointe d’un couteau. J’ai rajouté à ce moment là aussi les cubes d’oranges confites. Portez à nouveau à ébullition. Dans une feuille de papier sulfurisé, coupez un cercle d’un diamètre légèrement supérieur à votre casserole. Coupez le feu, couvrez avec le disque de papier et placez au four pour 20 minutes. Pendant ce temps, battez les jaunes d’oeufs avec le sucre. Sortez la casserole du four, le riz doit être onctueux et le grain cuit. Versez le mélange oeuf/sucre sur le riz en mélangeant continuellement. Enlevez la gousse de vanille. Le riz a pris une jolie couleur. Faites blanchir les raisins secs en les portant à ébullition dans de l’eau. Egouttez les et recommencer l’opération. Une fois que les raisins sont bien égouttés, incorporez les au riz au lait en mélangeant délicatement.
Servez tiède en zestant une orange sur le dessus de l’assiette.

C'est bon aussi bien froid. Si vous le laissez au frigo, couvrez le avec un film au contact afin d'éviter la formation d'une croute.

Alors, n'hésitez plus à tenter à nouveau des plats que vous n'aimiez pas, les goûts changent, et vous trouverez toujours une recette qui vous fera aimer ces plats.



jeudi, novembre 06, 2014

Le Cambodge aux 1000 sourires

Ecrit et réalisé par Very Easy Kitchen









Voici la suite de mon voyage au fil du Mékong. Après la découverte du Delta dans le Sud-Vietnam, nous avons remonté le fleuve en speed-boat depuis Chau Doc jusqu’à Phnom Penh. Le voyage est assez long et les rives du fleuves ne sont pas très intéressantes. Le Mékong est tellement large à certains endroits qu’il est difficile d’en deviner les rives.




A Phnom Penh nous avons logé à l’hötel The Pavillon proche du Palais Royal. C'est dans cet hôtel que nous avons découvert notre premier beef Lok Lak au merveilleux poivre de Kampot. Nous avons harcelé le serveur pour avoir la recette qui est finalement ultra simple : du poivre concassé, avec du jus de citron vert, un peu de bouillon cube et une pointe de sucre. Vous mélangez et vous n'avez plus qu’à tremper vos morceaux de boeuf grillé dans cette sauce. Nous gouterons à différentes variantes mais cette sauce fut notre préférée de tout le séjour.






la sauce lok lak du Pavillon


Quelques images du marché central. A quelques heures de la fin d'année, 0 pression,










Phnom Penh est une ville en plein développement. Nous y étions pour le 31 décembre et beaucoup de touristes étrangers notamment australiens viennent y faire la fête, beaucoup aussi y viennent pour de mauvaises raisons notamment le tourisme sexuel, moins cher qu’en Thaïlande. Le Cambodge est un pays pauvre et la prostitution forcée des femmes et des enfants est bien trop courante. Totalement répugnant mais que faire pour ces enfants dont souvent la vie vaut moins cher que celle d’un chien ? Bien que la prostitution des mineurs soit interdite et quelques bordels fermés, corruption et avidité continuent à entretenir les réseaux mafieux. Il faut continuer la pression sur les pays occidentaux à condamner leurs ressortissants qui sont pris en flagrant délit.

Beaucoup d'enfants mendient aussi près des temples en vendant des cartes postales et petites bricoles. L'école est payante et le maigre argent gagné permet de financer la scolarité mais souvent les enfants n'ont pas d'autres choix que de vendre près des temples pour faire vivre les familles.










Nous avons visité la ville en moins de 2 jours, et je vous conseille deux visites impératives, le Musée dans lequel vous allez découvrir de merveilleuses sculptures sauvées de temples angkoriens (et donc que vous ne verrez pas lors de vos visites dans les temples) mais aussi la visite de la Prison S21 malheureusement célèbre car son directeur était le Duch, condamné à perpétuité pour ce génocide.




Plus de 17 000 personnes innocentes dont des familles entières et des enfants, y ont été torturées et tuées par la folie des khmers rouges. Impressionnant. Je vous suggère la lecture du livre de Rithy Panh sur les sombres années du Cambodge entre 1975 et 1979. Vous ne pouvez qu’avoir de l’admiration pour ces cambodgiens qui ont survécu à l’horreur absolue, aux famines, à l’anéantissement de leur être et de leur volonté. La vie a repris son cours et les traces restent pour mémoire.

Phnom Penh ce fut aussi l’occasion d’aller manger au FCC (Foreign Correspondent’s club), de goûter à des glaces au pandan dans une jolie gelataria voisine et découvrir la cuisine du chef sud-africain Tim Bryuns du The Common Tiger.




Etonnante cuisine fusion contemporaine dans une maison de style californienne. Je n'ai pas de photos car prisse avec mon iphone, elles ont été effacées par erreur. Tous les plats n’étaient pas réussis mais globalement nous avons eu un super dîner du 31 décembre pour 40 dollars avec un très bon vin et une anecdote rigolote en fin de repas : les terminaux de paiement pour les CB étaient en rade, le chef nous a fait confiance en nous disant que nous n’avions qu’à laisser une enveloppe avec l’argent à notre hôtel que nous devions quitter tôt le lendemain. Confiance et coolitude absolues. J'espère qu'il a bien récupéré son argent. Quelques images prises sur ce site.






Après Phomn Penh, cap vers l’ïle de Koh Trong au centre du pays, proche de Kratie qui est l'un des rares lieux où l’on peut encore apercevoir les derniers dauphins du Mékong (que nous ne verrons pas faute de kayaks disponibles à l'hôtel).






Cette île est une merveille, vous êtes plongés au coeur de la vie des habitants, de leurs travaux agricoles, des enfants qui vont à l’école du village. Nous avons passé deux jours tranquilles dans un joli hôtel, le Rajabori aux bungalows décorés avec des meubles anciens cambodgiens et avec une piscine très agréable. Nous avons laissé le temps s'écouler tranquillement à jouer aux cartes à l'ombre de la terrasse ou à faire du vélo sur les petites pistes de l'île.














Contrairement au Vietnam, nous allons finalement manger régulièrement la même chose. Le fameux boeuf Lok Lak, mais aussi des amoks : il s’agit de poisson cuit au four dans une feuille de bananier avec une sauce à base de noix de coco, citronnelle et piment, et des currys qui placent finalement le pays entre l’Inde et la Chine. Mais aussi les universels Spring rolls... le tout arrosé de Lemon Juice que je me faisais en intraveineuse tellement il était bon.





Le condiment fétiche est le Prahoc, une pâte de poisson fermentée. Comme pour le nuoc mam, c’est immangeable seul mais une toute petite quantité relève les plats. Nous avons consommé du poisson venant du Mekong ou du Tonlé Sap, des crabes (cuits avec du poivre vert de Kampot), des grosses crevettes, tout est ultra frais sur les marchés. Mais on y mange aussi des plats d’origine vietnamienne comme des Pho, les rouleaux de printemps frits… et quelques bizarreries dans certains villages comme des mygales frites, des insectes et des escargots cuits au feu d’une mobylette, souvenirs de disettes pas si anciennes que ça.



Vendeurs d'escargots d'eau cuits sur mobylette



Les temples d'Angkor





Lorsque nous sommes arrivés sur Siem Reap qui est la ville la plus proche des Temples d’Angkor, nous avons tout de suite senti une pression touristique énorme. Nous avions pris un éco-lodge magnifique dans un quartier un peu excentré du centre et des hôtels usines à touristes pour coréens. Le night market et les rues centrales de Siem Reap sont bondées à la nuit tombée avec des restaurants pas terribles alors qu’il y a de très bonnes adresses pour découvrir une cuisine cambodgienne souvent revisitée par des français. Merci Anne pour tes super adresses.



la sécurité routière, les cambodgiens en ont une vague idée


ou une très haute opinion de leur véhicule


Nous avons passé près de 7 jours à Siem Reap dont 3 avec un super guide. Je vous conseille de prendre un bon guide pour visiter les temples. La dépense vaut vraiment le coup car lui-seul vous permettra de comprendre la ville d’Angkor qui s’étend sur une surface considérable. Je ne pense pas pas que vous irez plusieurs fois dans votre vie, alors autant bien en profiter. Nous avions un spécialiste avec nous, Olivier Cunin, passionnant et passionné, nous avons profité de son expérience de chercheur notamment en tant que spécialiste du Bayon. Si votre guide fait bien son job, il vous fera visiter les lieux en évitant au maximum la pression touristique (souvent irrespectueuse des sites). Nous avons souvent visité des temples sans trop de monde y compris Angkor Vat. Mes coups de coeur :

Preah Vihear dans le Nord du Cambodge proche de la frontière thaïe, le plus éloigné des temples angkoriens, majestueux sur son piton rocheux. En redescendant sur Siem Reap, arrêtez vous aussi à Koh Ker, au célèbre temple montagne.







Accès au temple de Koh Ker, avec son temple montagne de 30 m de haut qui peut rappeler les pyramides azteques.


Bang Malea est le plus sombre et le plus magique. Vous le visitez sur des passerelles qui ont été installées par JJ Anaud pour le tournage de son film Les 2 frères.
Le temple est enfoui dans la végétation. Et au détour d’une colonne, vous pourriez presque apercevoir Lara Croft ou un bébé tigre.











J'ai beaucoup aimé aussi le temple des femmes Banteay Srei avec ses sculptures simiesques. Ce fut le temple que Malraux dépouilla avant de se faire prendre. En grès rose, il est très bien préservé.





Le Bayon est inévitable, parce qu’il est "le sourire d’Angkor" et qu’il est une merveille d’architecture avec ses bas-reliefs sculptés qui détaillent les guerres des dieux et la vie quotidienne des khmers au moyen-Age.






Allez aussi vous balader dans la jungle et prendre un peu de fraîcheur au bord de la rivière aux 1000 lingams.




Quelques images des temples et de la vie qui s'organise dedans ou en dehors des enceintes.















Angkor ou l'art d'un cité hydraulique avec les banrays, réservoirs d'eau qui ont aussi permis la construction des temples.









Et toujours la nature et les racines qui reprennent le dessus. Elles abiment mais préservent aussi les temples.


Les bonnes adresses pour manger

The Sugar Palm : L’endroit est beau, et on y mange une super cuisine cambodgienne. Jolies céramiques pour le service, bref votre cantine du soir pendant votre séjour.




Coconut soup



les fabuleux Spring rolls ultra crispy


salade aux pamplemousses et cacahuètes que j'adore



crêpe à la noix de coco



Wat Damnak : tenue par le chef Joannes Riviere, la cuisine s’inspire des produits locaux travaillés dans un mix food cambodgien, asiatique avec une touche française. Réservation obligatoire. 1 photo car il faisait sombre dans le jardin où nous étions.

crevette géante au basilic thai avec une sauce piquante.



Mie Café : adresse sympa pour une cuisine cambodgienne un peu fusion pas révolutionnaire mais bien réalisée et juste. Le jeune chef cambodgien a fait ses classes en Europe, en Suisse je crois. Adresse très sympathique.


De très bons raviolis aux crabes et champignons


Soupe à la noix de coco, légmes et à la cacahuète



le fameux riz gluant à la mangue, glace à la mangue


 Frozen cheesecake à la mangue


Square 24 : bonne adresse proche de la rivière.

petites brochettes sauce cacahuète et poivre




Soupe de poulet épicée sauce cacahuète



une super salade, je crois qu'il y avait de la papaye et des cacahuètes of course

Et bien sûr, vous pouvez réserver chez Sala Bai. C'est une école en Hôtellerie-Restauration, fondée en 2002 par l’ONG française Agir pour le Cambodge. Elle est entièrement et exclusivement dédiée aux jeunes cambodgiens issus des familles les plus déshéritées. Plus de 1000 jeunes, dont 70% de jeunes femmes, ont déjà été formés. Ils ont tous trouvé un emploi à l’issue de leur année de formation. Après quelques années, leur salaire moyen est de 250 à 350US$ ce qui leur permet d’atteindre la nouvelle classe moyenne cambodgienne.


Si jamais vous en avez assez de la cuisine cambodgienne, il y a une brasserie qui s’appelle le Malraux, esprit colonial, plats occidentaux et la presse française pour vous faire patienter. Vous pouvez aussi aller au Café Indochine qui mixe aussi carte classique cambodgienne ou cuisine occidentale.


Hôtels

Nous avons divisé notre temps à Siem Reap entre deux hôtels.

Le superbe Sala Lodges













Confiture extra du petit déjeuner ananas mangue

Et le Samarvilla, plus classique tenu par des Suisses et qui est l'hôtel le plus proche des temples. Jolis mobiliers asiatiques chinés, piscine noire et propriétaires un peu hâbleurs mais serviables et de bons conseils.




Shopping

Comme partout dans les endroits touristiques et sur le night market, beaucoup de babioles qui n'ont rien de cambodgiennes. Par pitié n'achetez pas du poivre de Kampot sur ces marchés; le vrai n'est pas donné et son arome incomparable (voir post sur le boeuf Lok Lak).
Deux excellentes adresses pour acheter des kramas et des céramiques. Khmer Ceramic & Fine arts Centre sur la route des temples 100 m après le musée. Allez aussi faire un tour au Prolung Khmer Pottery & Weaving Centre pour le tissage de kramas en coton (modernisés et colorés) et la fabrication de poteries, sur la route en allant au temple du Bakong (ensemble des Roulos). Joli design et accueil très sympathique.





Quelques astuces

  • Vous allez être très sollicités par les Tuk Tuk, Chacun doit bien vivre. Essayez de négocier le même tuk tuk pour la journée, mais n'oubliez pas un dollar pour vous ce n'est rien mais beaucoup pour un cambodgien.
  • Pour les temples du Nord : Preah Vihear et Koh Ker qu'il faut absolument voir. Il y a désormais un hôtel proche de Preah Vihear aux normes occidentales, donc aucune hésitation à partir deux jours et de prendre votre temps. Le nord est sous protection militaire, la zone peut être fermée, renseignez vous avant de partir. Louez une voiture avec chauffeur à plusieurs, cela vous reviendra moins cher.
  • Renseignez vous pour pouvoir acheter le plus responsable possible. Des associations ont des boutiques de souvenirs ou des ateliers de fabrication que vous pouvez soutenir.
  • La plupart des groupes de touristes asiatiques suivent un parcours de visite en fonction de la lumière sur les façades des temples. N'hésitez pas à partir à contre-courant, quitte à revenir au moment où la lumière est bonne, juste pour faire des photos. Au moins vous visiterez sans trop de monde.
Angkor est victime de son succès. La pression touristique ne fera qu'augmenter dans le futur d'autant plus que l'organisme en charge du tourisme fait tout pour attirer encore plus de touristes chinois et coréens. Les "usines hôtels" pompent de plus en plus d'eau et fragilisent en conséquence les temples dont les fondations reposent souvent sur du sable. Les Fondations de restauration ou préservation travaillent sur des durées très longues et souvent la dégradation est plus rapide que la préservation.



Nous sommes repartis via Bangkok (1 h de vol) où nous avons passé une journée et une nuit avec une forte envie d'y revenir rapidement.



Terrasse du Sofitel So Bangkok



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